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Camp de prisonniers de guerre de MINDEN.


Comme indiqué dans le billet "Charles Antoine DELRIEU : prisonnier de guerre!", mon sosa 8 fut fait prisonnier à MAUBEUGE et interné à MINDEN. Aujourd'hui, je vous invite à en apprendre plus sur ce camp de prisonniers.

 

Durant la Première Guerre Mondiale,  7 à 9 millions de soldats furent faits prisonniers. Dés le début, la plupart des Etats et en particulier l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, la Russie, la Grande-Bretagne et la France furent dépassés par le nombre très important et inattendu de prisonniers. A titre d’exemple, en à peine 2 mois de conflits, les Allemands capturèrent 125 000 soldats Français et 94 000 russes. Au total, les Allemands accueillirent 2.5 millions de captifs.

En raison de sa bonne infrastructure militaire et ferroviaire, un camp de prisonniers fut installé à MINDEN (Allemagne – Westphalie). Mon arrière Grand-père, Charles Antoine, y fut interné dés Septembre 1914 (capturé à Maubeuge le 7 Septembre).

 

 

Historique du camp :

Le 14 septembre 1914, les premiers prisonniers Britanniques, Belges et Français arrivèrent à Minden et furent logés, à la hâte, dans des salles (Place Royale) construites pour une exposition industrielle interrompue à cause de la guerre.

Le 15 septembre, ces soldats traversèrent MINDEN pour se rendre sur une ancienne friche d’entraînement militaire située dans un quartier de la ville : à MINDERHEIDE. Cette friche, clôturée de barbelés et d’un mur en bois, ne contenait aucun baraquement. Les captifs durent fabriquer et camper dans des huttes provisoires mal isolées et mal chauffées (voir illustration ci-dessous) : les autorités croyaient que la guerre ne durerait pas longtemps. Il faut attendre fin 1914, début 1915 pour voir les premiers baraquements apparaitre.

On distinguera deux « Lagers » : le « Lager I » réservé aux prisonniers de guerre et le « Lager II » pour les autres prisonniers. Ces derniers furent réunis avant la visite des délégués Espagnols du 24 mars 1916.

 

 

Description du camp :

MINDEN pouvait loger jusqu’à 25 000 soldats. Il possédait une grande cour composée de 6 groupes de 30 baraquements (environ). Il y avait des boutiques, un bureau de poste, un hôpital, des grandes cuisines, des latrines, des lavoirs, des douches et un abri pour les 2 000 gardes. Comme la plupart des camps, MINDEN détenait sa propre monnaie échangée dès l’arrivée du prisonnier (voir image ci-dessous).

Lors de sa visite du 24 mars 1916, le délégué Espagnol  indiqua que MINDEN « est installé d'après le système des groupes composés de baraques en bois contiguës par les angles, de sorte qu'une vaste cour se trouve à l'intérieur. Les portes de tous les services ouvrent sur cette cour, à l'exception de celle du bureau du commandant qui occupe une baraque isolée. »

Il ajouta plus loin que : « les dortoirs sont convenablement installés ; les lits, disposés sur deux rangées, sont composés de châssis en bois ; les paillasses sont bourrées de copeaux, chaque homme dispose de deux couvertures. Le chauffage se fait au moyen de grands poêles à charbon, l'éclairage est électrique. Dans chaque dortoir, il y a un large espace libre pour permettre aux prisonniers de se promener quand il pleut. »

 

 

Le prisonnier :

À son entrée au camp, le détenu recevait une paillasse, un oreiller, un lit tissu, un bol de nourriture, une fourchette, une cuillère et un couteau (pointe cassée). Il y rencontrait des prisonniers de diverses nationalités : Arméniens, Britanniques, Croates, Français, Italiens, Marocains, Polonais, Russes, Sénégalais ou Serbes.

Dans l’ensemble, les prisonniers étaient satisfaits de leurs dortoirs. En revanche, ces derniers trouvaient la nourriture et surtout la viande insuffisante.

Tous les jours, des messes étaient célébrées dans une chapelle.

Les prisonniers (hors sous-officiers Belges et Français) étaient contraints d’être employés au nettoyage du camp et aux travaux agricoles proches. Leur journée de travail se déroulait de 6h à 19h avec 4 heures pour les repas (soit 9 heures par jour). Les salaires variaient de 30 à 40 pfennigs journalier. Le captif pouvait aussi intégrer un détachement industriel (canal du Weser, usines, mines, …) . Il touchait alors un salaire s’élevant au quart du prix de la journée de l’ouvrir civil.

Les captifs n’eurent pas d’autres choix que de travailler sous peine d’être punis. Dans son rapport de visite, le délégué Espagnol  indiqua « qu'à la Zeche Hugo (Mine Hugo), 165 prisonniers, qui avaient refusé de travailler, ont été enfermés dans un local surchauffé au moyen de quelques radiateurs et qu'ils ont eu comme seule nourriture du pain et de l'eau et une soupe tous les quatre jours. Les deux premiers jours, la chaleur fut tellement élevée, qu'ils furent obligés de se dévêtir, puis elle diminua peu à peu tout en restant suffisamment forte. Ils restèrent dans ces conditions pendant quatorze jours ». Ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres…

 

 

L’après guerre :

Dès la signature de l’armistice, le 11 novembre 1918, tous les prisonniers reçurent l’ordre de rentrer dans leur Pays. Les prisonniers Belges, Britanniques et Français furent donc libérés et rapatriés par groupes de 1 000. Les derniers Russes quittèrent MINDEN en décembre 1922.

Les baraquements furent démontés et brûlés. Le site fut ensuite utilisé pour des courses de motos et chevaux. Aujourd’hui, un parc d’entreprises y est installé.

 

Centenaire de la Première Guerre Mondiale et grosse surprise :

La plupart des informations indiquées ci-dessus ont été récoltées grâce aux commémorations du centenaire de la Première Guerre Mondiale de la ville de MINDEN et notamment grâce à l’exposition de leur musée organisée de mai à octobre 2014.

Les membres de la section locale Nord et Centre de MINDEN ont restauré le cimetière Français en juillet 2014. Je vous invite à consulter cet article.

 

Cerise sur le gâteau, il est même possible de visiter virtuellement le camp en téléchargeant ce plugin avec Google Earth. Cela nous permet de situer clairement le camp de MINDEN avec les 6 groupes de baraquements. Il a été réalisé par imagefact.de. Je vous invite à regarder cette vidéo :

 

 

Bibliographie :

Rapports des délégués du Gouvernement Espagnol sur leurs visites dans les camps de prisonniers Français en Allemagne.

http://www.hallo-minden.de/

http://www.minden.de/

http://de.wikipedia.org/

http://www.nak-minden.de/


Rédigé le 07/03/2015 à 14:15 par Cédric.0 commentaire - Permalien