Albert FOUCART : un gendarme au front

Publié le 17/12/2017 par Cédric dans Première Guerre Mondiale.

Après avoir exposé le parcours militaire durant la première guerre mondiale de Charles DELRIEU, Edmond ESCHENBRENNER et son frère Alfred, il ne me restait plus qu’à étudier celui de mon autre arrière grand-père Albert FOUCART.

 

Malheureusement, j’ai longtemps cru ne pas pouvoir arriver à mes fins. En effet, les registres matricules du bureau de Valenciennes de la classe 1908 ont été détruits par faits de guerre. Les quelques feuillets nominatifs de contrôle disponibles ne concernent pas mon arrière grand-père.

Albert FOUCART étant gendarme, l'autre piste pour trouver des informations sur son éventuelle participation à la première guerre mondiale, était de pouvoir consulter son dossier de gendarme dans les archives du service historique de la défense à Vincennes. Cependant, ce dossier n’existe pas : le service historique de la défense à Vincennes me redirigea vers « l’état signalétique et de service militaire » disponible aux archives départementales du Nord. Il s’agit du registre de Valenciennes détruit par faits de guerre...

 

Les archives familiales à la rescousse :

Heureusement, ma grand-mère paternelle, Alice FOUCART, me transmit dans la fin des années 90 le livret de gendarme de son père : Albert. On y trouve, notamment, son signalement physique, ses différentes affectations durant son service militaire, sa période d’engagement volontaire, sa période d’élève gendarme et de gendarme. On apprend également qu'Albert était mineur avant de devenir gendarme ; on découvre la liste des équipements retenus sur sa solde, la liste des chevaux qu’il a possédé et les différents tests de tirs qu’il a réalisé. Enfin, ce livret nous révèle surtout que mon aïeul a bel et bien participé à la première guerre mondiale.

 

Livret de gendarme d'Albert

Première page du livret de gendarme d'Albert FOUCART.

Cliquez sur l'image pour le consulter.

 

Coup de chance, au moment même où j’ai commencé mes recherches, Annick FOUCART, la petite fille d’Albert, a pris contact avec moi pour échanger au sujet de nos recherches généalogiques. Je la remercie pour la mine d’informations transmises au sujet d’Albert et de ces ascendants. Nul doute que nos discussions feront l’objet d’autres articles.

 

Maintenant, parlons d’Albert :

Né le 12 juillet 1888, Albert est le troisième enfant sur cinq qu'a eu Clémentine FOUCART. Cette jeune journalière a d'abord mis au monde un garçon Ferdinand-Paul, puis une fille : Marguerite et enfin Albert. Tous trois sont de père inconnu.

Mémoire de famille : selon Marguerite, leur paternel serait un riche avocat de Valenciennes qui employait sa mère à domicile.

Clémentine rencontra ensuite Joseph LAGACHE avec qui elle eut deux autres enfants (Joséphine et Georges).

Mémoire de famille : Joseph LAGACHE exigea que les trois premiers enfants de Clémentine soient placés à l’assistance publique. *

A la fin de son service militaire et à l’issu d’une période d’engagement volontaire, Albert s'inscrivit comme élève gendarme le 12 février 1912. La même année, il épousait Appoline LEGRAND (le 6 juillet). On remarquera que sa mère, Clémentine, fut absente lors de son mariage. (Avait-elle définitivement tiré un trait sur la première partie de sa vie et ses trois premiers enfants ?)

 

Le 12 juillet 1913, Albert devint gendarme à cheval. Sept jours plus tard, son fils Albert (junior) voyait le jour. Alfreda, sa fille, naquit l'année suivante le 15 décembre 1914 à Desvres (Pas-de-Calais).

 

 

Son parcours durant la première guerre mondiale :

Du 2 août 1914 au 17 août 1915, mon arrière grand-père accomplit sa fonction de gendarme, durant cette période, il ne fut pas envoyé au front.

Mémoire de famille : Albert (junior) passa la majeure partie du conflit séparé de ses parents. En effet, ce dernier fut confié, le temps d'un court voyage, aux parents d'Appoline résidant à Hergnies. Cette dernière ne put le rejoindre à l'issue de son voyage : Hergnies était alors occupé par l'ennemi (août 1914). **

Albert fut appelé au combat à partir du 18 août 1915. Il intégra la 51ème division d’infanterie. Il participa, entre autres, à la bataille de Champagne et de la Somme. Puis, du 2 septembre au 11 décembre 1916, il fut incorporé dans la réserve de personnel sanitaire jusqu'au 12 décembre où il intégra la 128ème division d’infanterie.

 

Mémoire de famille : durant toute cette période, son épouse Appoline et sa fille Alfreda l'accompagnèrent sur le front.*

Après avoir été incorporé dans deux régiments d’infanteries différents, mon arrière grand-père intégra le service prévôtal à compté du 8 avril 1919. Les prévôts étaient impopulaires au sein des poilus. En effet, ils devaient mettre en place des règlements perçus comme répressifs par les combattants. Les missions de ces derniers étaient pourtant essentielles au bon déroulement des opérations sur le front : police des cantonnements, contrôle des civils présents et de la circulation dans la zone militaire,  transfert de prisonniers de guerre, répression des pillages, de l’espionnage et des défaitistes. Albert intégra trois de ces sections (dans l'ordre n°63, 23 et 2) du 8 avril 1912 au 20 mars 1919. A compté de cette date, mon aïeul reprit ses fonctions de gendarme.

 

A leurs retours du front, Appoline et Albert eurent 3 autres enfants : Alberta, Alice (ma grand-mère) et Alfred. Albert reçu la médaille interalliée de la Grande Guerre et la médaille commémorative Française de la Grande Guerre.

 

* : propos recueillis par Annick FOUCART.

** : propos recueillis par Janine DELRIEU.

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Commentaires :

Commentaire de Foucart Annick du 18/12/2017 à 13:50 :
Remarquable travail de recherches historiques et présentation exceptionnelle des éléments trouvés sur cette période de guerre vécue par Albert Foucart.
Bravo !!