La bataille de Maubeuge

Publié le 02/01/2018 par Cédric dans Première Guerre Mondiale.

Août 1914, l’Allemagne poursuit le déroulement du plan Schlieffen. Namur vient de tomber. Les allemands décident alors de marcher sur Maubeuge. C’est lors de cette bataille que Charles DELRIEU a été fait prisonnier. Retour sur cette bataille dans ce nouveau billet.

 

Qu’est-ce que le plan Schlieffen ?

Le plan Schlieffen est le plan d’attaque des forces allemandes contre la France. Il consiste tout d’abord à concentrer l’armée le long de la frontière occidentale en n’assurant qu’une protection sommaire à l’est ensuite à attaquer la France par le nord en passant par le Luxembourg et la Belgique afin de contourner la frontière franco-allemande et enfin à pivoter vers Paris. Ce plan impose une certaine rapidité d’exécution.

Sa mise en place dès le début de la première guerre mondiale a permis à l’armée allemande de rapidement prendre Mons, Charleroi et Namur. Les allemands décident alors de se diriger vers Maubeuge, place forte et obstacle sur la route qui mène à Paris.

 

Illustration du plan Schlieffen.

 

Les préparatifs français :

Depuis mars 1914, le général Joseph Anthelme Fournier, gouverneur de Maubeuge, organise la défense de la ville fortifiée par Vauban. Il pressent que la guerre est proche.

La défense de Maubeuge est alors composée de six forts et sept ouvrages.

 

Au nord :

Le fort de Leveau (à Feignies), le fort des Sarts (à Mairieux), l’ouvrage d’Héron-Fontaine (à Mairieux), l’ouvrage de Bersillies (à Bersillies), l’ouvrage de la Salmagne (à Vieux-Reng) et l’ouvrage du Fagnet (à Feignies).

A l’est :

Le fort de Boussois (à Boussois), le fort de Cerfontaine (à Recquignies) et l’ouvrage de Rocq (à Recquignies).

Au sud :

Le fort du Bourdiau (à Beaufort), le fort d’Hautmont (à Hautmont) et l’ouvrage de Ferrière la Petite (à Ferrière la Petite).

A l’ouest :

L’ouvrage de Grévaux (à Maubeuge) et l’ouvrage de Feignies (à Feignies).

 

Dés l’ordre de mobilisation générale, le 2 août, le général Fournier redouble d’efforts. Il profite de toutes les nouvelles ressources nécessaires et réquisitionne environ 6 000 civils et 25 000 territoriaux. Charles fera parti de ces derniers, où il sera cantonné sur le deuxième secteur au sud-ouest de Maubeuge sous les ordres du colonel Guérardel à l’ouvrage de Ferrière la Petite.

Les hommes sont principalement chargés de renforcer les fortifications : création de nouveaux ouvrages de défenses, édification d’abris précaires, rétrécissement des intervalles séparant les forts,  abattage des arbres, pose de milliers de kilomètres de barbelés, … Tout est fait à la hâte. La défense de Maubeuge est improvisée !

Pire, ces importants efforts ont été menés au détriment de l’instruction militaire. Le général Fournier aura essentiellement à disposition une garnison âgée (territoriaux) connaissant peu le maniement des armes.

 

Maubeuge : la porte de France.

 

L’arrivée des allemands :

A partir du 15 août, des tirs de canons se font entendre de l’Est. La population civile, inquiète, est invitée à quitter la ville. Quelques jours plus tard, près de 25 000 Maubeugois s’exécutent sans savoir où réellement se réfugier.

Le 17 août, le général Lanrezac, commandant de la cinquième armée, prend le contrôle de la garnison de Maubeuge.

Les 22 et 23 août, la cinquième armée française affronte la deuxième armée allemande au sud de Charleroi. Les allemands, mieux préparés, obligent les troupes du général Lanrezac à battre en retraite le soir du 23 août. Ce dernier déclare alors « la cinquième armée se replie en direction générale de Chimay Aubenton. Il appartient au Gouverneur de Maubeuge de prendre toutes dispositions utiles pour la défense de la Place ». Le général Fournier se retrouve alors seul face à l’adversaire mais il veut résister !

Du 24 au 28 août, diverses sorties de reconnaissances sont effectuées pour localiser les forces ennemies, alors, au bord de la ville. Cependant, aucune des sorties n’a été réalisées assez loin à l’Est où l’ennemi prépare son attaque.

Le 26 août dans la soirée, la garnison entend les canons allemands à l’ouest de la ville.

 

Maubeuge bombardé par l'artillerie Allemande - Collection personnelle.

 

Le siège de Maubeuge :

Le 27 août, 60 000 soldats allemands investissent la place forte de Maubeuge. L’artillerie française, moins performante que celle de l’ennemie, commence à tirer au hasard des objectifs. Ces tirs, sans résultats probants, permettent à l’armée allemande de repérer l’artillerie française. De plus, la place forte est infiltrée par de nombreux espions ennemis.

Le 28 août, le déploiement de l’artillerie adversaire est terminé.

Le 29 août, à 13 heures, cette dernière bombarde la zone principale de la défense de Maubeuge. Une pluie d’obus s’abat d’abord sur les forts du Boussois, du Fagnet, de Salmagne et Bersillies. Puis, le bombardement gagne peu à peu le fort de Cerfontaine et l’ouvrage des Saris. Aucun abri bétonné ne pourra résister à la puissance des canons allemands.

Le 31 août, le général Fournier envoie des unités d’infanteries détruire les batteries adverses dans un secteur ciblé. Malheureusement, il s’agissait d’informations erronées. Le lieu ciblé est vide.

Le 1er septembre, l’armée française tente une contre-offensive mais reste clouée sur place par le feu ennemi. La garnison bat finalement en retraite et se replie sous les murs de Maubeuge. Le feu ennemi reprend contre la ligne principale de défense de Maubeuge.

Le 2 septembre, les tirs de l’artillerie allemande se font de plus en plus violents. Les fantassins allemands lancent leur attaque contre des troupes françaises émoussées physiquement et moralement.

Le 4 septembre, le fort des Sarts et l’ouvrage du Fagnet sont abandonnés. Le conseil de défense de Maubeuge décide néanmoins de ne pas se replier mais de résister.

Le 5 septembre, les troupes françaises sont toujours bombardées. Les ouvrages de Bersillies et Salmagne sont évacués.

Le 6 septembre, c’est au tour des forts de Cerfontaine et du Boussois de céder. Le conseil de défense de la place forte se résout à l’évidence et est unanime : la défense de Maubeuge est devenue impossible. Le général Fournier fait détruire les archives et l’arsenal de Falise.

 

Maubeuge : le fort Leveau après les bombardements.

 

La capitulation :

Le 7 septembre, l’ouvrage d’Héron-Fontaine passe aux mains de l’ennemi. L’ouvrage de Ferrière et le fort du Bourdiau, eux, sont pris à revers : ils sont sur le point de tomber. Le général Fournier demande au général allemand, Johann Von Zwehl , « un armistice de 24 heures pour enterrer les morts et discuter de la reddition de la Place ». Ce dernier refuse et n’accorde que 4 heures pour conclure une capitulation ferme.

Entre temps, le général Fournier hisse le drapeau blanc sur le clocher de Maubeuge. Les troupes françaises jettent les armes. Le général français capitule et remet la forteresse à l’ennemi le 8 septembre. Le général Von Zwehl lui dira « Vous avez défendu votre place avec une rare vigueur et beaucoup de résolution, mais  la  guerre s'est tournée contre vous ».  Le siège de Maubeuge est terminé.

Le 8 septembre, à partir de midi, de longues colonnes de soldats français quittent la ville et prennent la direction des camps de prisonniers en Allemagne. Charles se dirige vers le camp de Minden en Westphalie.

 

La capitulation des Français - Collection personnelle.

 

Le siège de Maubeuge, considéré « non envisageable » en 1912 et « improbable » en 1913, a duré 7 jours. 60 000 soldats allemands ont été retenus durant ce combat ; l’occupation de ces ressources ennemies a été décisive dans la victoire française lors de la bataille de la Marne.

 

La bataille de Maubeuge en quelques chiffres :

  • 45 000 : c'est le nombre de prisonniers fait par les troupes allemandes.
  • 3 000 : c'est le nombre de soldats français blessés.
  • 1 300 : c'est le nombre de soldats français tués.
  • 400 : c'est le nombre de canons récupérés par le vainqueur.

Sources :

Prisonniers de Guerre 

Chtimiste 

 

Légende de la couverture :

Übergabe der Festung Maubeuge (La reddition de Maubeuge) - Collection personnelle

 

Collection de cartes postales anciennes :

La bataille de Maubeuge 

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